Chelsea Cain

Au coeur du mal

En quelques mots : Archie Sheridan est le chef de la brigade spéciale chargée de traquer la tueuse en série Gretchen Lowell, surnommée l’artiste car elle sculpte le corps de ses victimes et les signe avec un cœur qu’elle découpe dans leur poitrine. Elle a enlevé Archie Sheridan et torturé pendant des jours puis au lieu de l’achever, elle l’a sauvé en appelant les secours et en se livrant à la police. Retournement de situation surprenant, peut-être mais elle conserve ainsi un pouvoir absolu sur Archie. Dans le premier roman, il s’agit de débusquer un autre tueur et la brigade spéciale est reconstituée, Archie Sheridan, soutenu par son ami Henry, reprend du service après deux ans d’arrêt. Il reprend à une condition, la journaliste Susan Word doit suivre l’enquête en interne et rendre compte de chaque avancée en se centrant sur Archie…

Mon avis : J’ai adoré ce premier roman dont la construction est assez atypique. En effet, le tueur présenté en quatrième de couverture est déjà en prison …mais en fait, tout le sujet du roman consiste à nous présenter la relation qui s’est construite entre Gretchen et Archie, entre le bourreau et sa victime. Comment a-t-elle réussi à le détruire, des flash-back réguliers nous plonge dans les séances de tortures physiques et aussi mentales. On s’interroge, on essaie de comprendre le fonctionnement de ce policier, de cette relation malsaine qu’il entretient au détriment de sa propre famille, on suit les fantasmes de Gretchen. Tout au long de la trilogie, on se demande qui aura le dessus, qui réussira à manipuler l’autre ou à s’en détacher. Le suspense est vraiment prenant …la preuve dès le premier tome achevé, j’ai couru en librairie me procurer le deuxième puis le troisième. Je tiens à préciser que chaque roman a une intrigue propre de structure plus classique et que seule la relation entre Archie et Gretchen se poursuit sur l’ensemble des trois romans. L’auteur a également utilisé la trilogie pour s’interroger sur le fascination que le « commun des mortels » ressent envers ces monstres. Ici, le roman se déroule à Portland, qui a connu un vrai serial killer, et on retrouve des « Gretchen Lowell tour » un peu comme on retrouvait des « Da Vinci code tour » sur Paris à une certaine époque, sauf que là le bus fait le tour des différents lieux du crime….et bizarrement pas une seconde, je n’ai douté que cela puisse exister pour de vrai !

J’ai adoré le personnage de la journaliste qui est très complexe et qui s’enrichit et s’humanise au fil de la trilogie. Là aussi, elle permet de s’interroger sur le rôle de la presse sur cette fascination que nous pouvons éprouver et sur la nécessité de mettre ou pas à la une des faits divers sanglants….Seul bémol, la violence. Oui, je sais, c’est un thriller (3 même) mais les scènes de torture et les descriptions de celles-ci s’accentuent dans chaque roman, les descriptions dans le troisième sont absolument insoutenable à tel point que j’ai posé le roman sans le reprendre de trois jours (jusqu’au dimanche que je puisse le lire le matin) alors qu’il ne me restait qu’une vingtaine de pages pour terminer. Je parle de trilogie car il y a une réponse à cette relation malsaine mais les personnages sont toujours là et une suite peut donc être possible.

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Le livre noir des secrets de F.E. Higgins

En quelques mots : Ludlow Fitch tente d’échapper à ses propres parents qui, pour se faire quelques sous, n’ont pas hésité à vendre ses dents….Ludlow refuse de se laisser faire et parvient à s’enfuir et à sauver sa peau en s’accrochant à une calèche….Après de longues heures de route, ils arrivent dans un petit village isolé, devant la maison de Jérémiah Ratchet. Ludlow, en bon pickpocket qui se respecte, prend tout ce qui traîne dans la calèche puis file…il rencontre alors un drôle d’individu à la démarche lourde, Joe Zabbidou. Il s’agit d’un prêteur sur gage mais dont les pratiques sont peu communes dans ce corps de métier, il prend tout et le paie généreusement….et ce qui l’intéresse le plus, vous allégez de vos plus lourds secrets. Il prend Ludlow sous son aile et lui propose de devenir son assistant….mais quel est le vrai but de Joe ? Pourquoi est-il venu s’installer dans ce petit village ?

Mon avis : Un livre qui est rangé dans la catégorie ado mais qui sort des sentiers battus, pas de vampires ou de loups garous ici. Dès les premières pages du roman, l’auteur nous prend à partie en nous annonçant qu’il n’est pas l’auteur mais simplement le découvreur du manuscrit qu’il nous transmet ici. J’aime beaucoup ce principe, j’ai l’impression que l’on me confie un secret (ça tombe bien !). C’est un livre qui se lit vite, on avance pour connaître les secrets des villageois mais surtout pour percer celui de Joe Zabbidou. Certes, ce n’est pas le roman inoubliable mais j’espère qu’il y aura une suite car si on finit par comprendre quel est le rôle de Joe, on ne sait rien de ses secrets à lui….et ils sont nombreux…

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

En quelques mots : Emmi veut résilier un abonnement mais se trompe d’adresse mail. Le destinataire du message lui signifie son erreur et c’est le début d’un échange « épistolaire » moderne via le net. Au début cet échange semble sans conséquence, une simple fenêtre dans le quotidien de chacun mais cette bouffée d’oxygène vient bouleverser le quotidien de chacun et devient rapidement indispensable.

Mon avis : Une amie m’a prêté ce roman que j’avais brièvement croisé sur les rayons de ma librairie sans vraiment craquer. Je me suis plonger dedans avec plaisir au cours d’une phase d’insomnie et je l’ai dévoré en une journée. J’ai trouvé ce livre rafraîchissant, prenant et très proche de la réalité en ce qui concerne le sentiment d’addiction que peut engendrer le net (j’en ai fait l’expérience mais de façon moins prononcé quand même). Néanmoins, je ne garderai certainement pas un souvenir impérissable de ce livre….disons qu’il se lit avec plaisir, qu’il change les idées mais ne marque pas les esprits.

Des croassements dans la nuit

Résumé : L’inspecteur Pendergast, déjà rencontré dans la chambre des curiosités, profite de ses congés pour aller enquêter sur un crime étrange survenu dans la petite bourgade de Medicine Creek. Le cadavre mutilé d’une femme a été retrouvé au centre d’un cercle dans un champ de maïs….détail supplémentaire, ce cercle est délimité par vingt cadavres de corbeaux empalés sur des flèches indiennes. S’agit-il de l’œuvre d’un fou de passage dans la région  ou d’un habitant de la commune ? L’enquête commence au cœur de cette Amérique profonde et nous entraîne dans des chemins complexes et de vieilles légendes en compagnie de cet inspecteur toujours plus étrange, anachronique, surréaliste avec son lourd manteau noir qui ne le quitte jamais même sous des températures caniculaires.

Mon avis : J’ai déjà eu l’occasion de lire la chambre des curiosités des mêmes auteurs et j’avais vraiment aimé ce personnage atypique. Je l’ai donc retrouvé avec grand plaisir dans ce nouveau roman que j’ai même trouvé mieux que le premier. Les auteurs nous plongent directement dans l’histoire et dès les premières pages, il devient impossible de lâcher le roman. Pas seulement parce que j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire mais aussi car je prenais plaisir à essayer de comprendre les indices laissés au travers l’attitude de Pendergast. Les personnages secondaires aussi comme le shérif ou Mademoiselle Swanson (j’ai un doute sur le nom et je n’ai plus le livre, prêté à une amie), la jeune rebelle de la commune que Pendergast a choisi comme associé sont aussi très attachants. Alors si la fin devient prévisible vers le deuxième tiers du roman, il reste très agréable à lire et j’avais tellement de regret de quitter Pendergast que j’ai couru acheter le suivant de la série…enfin je me suis trompé, il n’apparaît pas dans le troisième roman écrit par ces deux auteurs mais bon l’idée était là..

Un cadavre dans la bibliothèque d’Agatha Christie

Résumé : Mme Bantry et son colonel d’époux sont réveillés par la femme de chambre qui vient leur annoncer que le cadavre d’une femme se trouve dans leur bibliothèque. Quel scandale !! Qui a osé déposer ce cadavre dans la bibliothèque du très honorable colonel ? Afin d’éviter que la honte ne s’installe sur son foyer, Mme Bantry fait appelle à son amie, Miss Marple !!

Mon avis : J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire et relire des Agatha Christie, à me plonger dans l’écriture légère de cette grande dame et à me retrouver dans l’Angleterre bourgeoise du début du XXème siècle. Et là je ne fus pas déçue, j’ai retrouvé tout ce qui fait le charme de ces romans policiers qui bien que désuets ne sont en rien démodés. L’intrigue est toujours aussi bien construite, et une fois de plus, je me suis fait bernée par la grande dame. J’avoue avoir souri de nombreuses fois à la lecture de ce roman, surtout dans les scènes où les protagonistes étaient bien plus préoccupés à sauver l’honneur du si cher colonel plus qu’à retrouver le meurtrier de cette intrigante qui avait en plus réussi à « hypnotiser » un autre honorable bourgeois au point de lui faire modifier son testament. A lire sans modération.

Un petit grand merci à Nodrey qui a attiré mon attention sur la grande dame du crime que j’avais délaissée ces dernières années.

Le livre sans nom d’Anonyme

Présentation de l’éditeur : A peine mon troisième post, et déjà je triche en copiant la présentation de l’éditeur… mais cela s’explique avec ma critique un peu plus bas …..

Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets. Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte. II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

Mon avis : J’ai enfin lu ce livre dont la parution fut accompagnée de nombreuses critiques ultrapositives. J’ai toujours une appréhension à lire un roman qui fut l’objet de tant d’attention ; la peur d’être déçue car ce que je découvre ne correspond pas à ce que j’avais pu imaginer, de ne pas comprendre l’enthousiasme qu’il a suscité. J’avais néanmoins très envie de le lire car j’aimais beaucoup cette idée de livre sans nom et sans auteur, principe du livre sans nom repris dans la trame même du roman….Cette idée simple ne pouvait que me séduire et titiller ma curiosité. Alors quand une amie l’a enfin acheté puis prêté, je me suis plongée dedans avec impatience….et là ; bof !  Je ne suis vraiment pas entrée dans l’histoire. Tout d’abord, le livre sans nom n’apparaît que très tardivement dans le roman, au point que je l’avais oublié car l’intrigue tourne essentiellement autour d’une pierre que plusieurs personnes cherchent à s’approprier. De plus, j’ai bien ressenti le côté « caricatural » du roman avec de nombreuses références cinématographiques et des exagérations dans certaines situations qui font penser à certains films comiques dont le côté comique repose justement sur l’exagération de certaines scènes types d’un genre précis de film…comme je ne suis pas sûre d’être précise, je donne un exemple de film « Y a-t-il un pilote pour sauver l’avion ?»….mais dans le roman, tout comme dans ce genre de film, ben je n’adhère pas du tout à ce genre d’humour…J’ai quand même fini le livre pour avoir le fin mot de l’histoire mais j’ai fini cette lecture en diagonale.

La princesse des glaces

En quelques mots : Erica est de retour dans son village natal afin de s’occuper de la succession de ses parents. Nous la rencontrons pour la première fois, quand au cours d’une promenade matinale, elle est apostrophée par un vieil monsieur. Cet homme est bouleversé alors qu’il venait allumer la chaudière de la maison dont il s’occupe, il retrouve le cadavre de la propriétaire, les veines ouvertes dans sa baignoire…Cette femme, c’est Alexandra, une amie d’enfance d’Erica mais qui avait brutalement coupé tout lien et disparu alors qu’elles étaient adolescente….Erica se trouve alors embarqué dans l’enquête et se retrouve face à face avec les parents d’Alexandra…Si au premier abord, la police pense à un suicide, il semblerait que rien ne soit aussi simple et de lourds secrets seront dévoilés tout au long du roman avant d’arriver à la vérité finale.

Mon avis : Cela faisait un petit moment que j’avais envie de lire ce livre…en partie à cause de la sublime couverture de cette maison d’édition…bon et aussi un peu à cause de la quatrième de couverture et des critiques lues sur le net. Et j’ai enfin eu la chance de le lire grâce à une maman d’élève qui me l’a gentiment prêté pour les vacances.

Alors, j’ai vraiment apprécié ce roman car sans être le polar révolutionnaire du siècle, il est très agréable à lire. Même si certaines ficelles sont grosses, l’intrigue est bien construite avec de nombreux rebondissements et j’ai bien apprécié les « histoires » parallèles notamment les questionnements d’Erica en désaccord avec sa sœur et son beau-frère sur la succession. J’ai également pris plaisir à me plonger dans la mentalité d’un petit village suédois…petit village balnéaire confronté à l’ « incrustation » massive des touristes…Disons que toutes ces petits détails en marge de l’intrigue donne un côté vraiment humain au roman et rend les différents protagonistes vivants…je crois que si j’avais eu le commissaire sous la main, je lui serai rentré dedans tellement il m’agace !!!…et cerise sur le gâteau pour la midinette que je suis, la belle histoire d’amour entre les deux protagonistes du romans.

Alors même si la fin est prévisible, je conseille la lecture de ce polar frais et bien construit et de mon côté, je suis impatiente de lire la suite car nous retrouvons ces deux principaux protagonistes dans deux autres romans du même auteur.